La santé est une richesse
#Articles — 13.09.2021

LA SANTÉ EST UNE RICHESSE

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RISQUE MODÉRÉ, À MOYEN TERME

 

  • Avec la pandémie de COVID-19, les dépenses se sont recentrées sur le secteur de la santé, stimulant ainsi l'innovation en matière de développement de médicaments et de diagnostics.
  • Les moteurs de croissance à long terme restent le vieillissement de la population, la nécessité de lutter contre l’augmentation des maladies liées à notre mode de vie (l'obésité par exemple) et le l’amélioration de la prévention plutôt que le traitement des symptômes. Les confinements ont attiré l'attention sur l'importance de la santé mentale, un domaine jusqu’alors négligé qui a de lourdes répercussions négatives d’un point de vue économique et personnel.
  • Les nouvelles technologies renforcent la productivité du secteur de la santé, avec une croissance rapide de la télémédecine et de l'intelligence artificielle, ce qui permet d’améliorer les diagnostics et l'identification de candidats-médicaments. 

Une révolution, plutôt qu’une évolution du secteur de la santé

« Nécessité est mère d'invention » : cette citation n’a jamais autant été d’actualité en 2020-21 que sur le secteur de la santé, avec le développement de tests, de traitements et de vaccins efficaces pour lutter contre la propagation de la COVID-19 et de ses nombreux variants.

Les dépenses publiques sont recentrées sur le secteur de la santé : l’augmentation des dépenses publiques en matière de santé aura des répercussions durables sur la delivrance de soins de santé efficaces à travers le monde.

Aux États-Unis, l'administration Biden s’apprête à débloquer une part significative des dépenses publiques en faveur du secteur de la santé afin, notamment, de remédier à l'inégalité des prestations de soins.  L'adoption de services de santé plus numériques, du dossier médical à la télémédecine, se poursuivra tout au long de 2021.

Les secteurs de la santé et du « cloud computing » devront donc collaborer plus étroitement, notamment pour développer les services médicaux à distance. Nous constatons déjà une accélération des dépenses liées au cloud et à la cybersécurité dans les hôpitaux et chez d’autres prestataires médicaux. Ceci contribuera à assurer un accès de qualité aux soins de santé à travers les États-Unis et, à terme, dans le monde entier.

Les soins de santé pour une population vieillissante : à l'échelle internationale, le nombre de personnes âgées qui s'élève actuellement à 703 millions, devrait plus que doubler au cours des 30 prochaines années, pour atteindre 1,5 milliards en 2050. En pourcentage de la population mondiale, le nombre de personnes âgées d’au moins 65 ans devrait passer de 6 % à l’heure actuelle à 16 % en 2050. Une personne âgée de 65 ans en 2015-2020 devrait, en moyenne, vivre 17 ans de plus. D'ici 2045-2050, ce chiffre sera passé à 19 ans. En 2050, l'espérance de vie à 65 ans devrait augmenter de près de 24 ans en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le défi consiste à fournir de meilleurs soins, à moindre coût : avec le vieillissement de la population, les soins de santé devraient représenter une part plus importante des dépenses totales. Les sociétés qui traitent les maladies liées à l'âge devraient en bénéficier, ainsi que les entreprises innovantes qui proposent des technologies et solutions pour de meilleurs soins à moindre coût.

La situation démographique jouera également un rôle déterminant sur l’évolution structurelle des dépenses de consommation. Aujourd'hui, les dépenses des personnes de plus de 60 ans représentent environ la moitié des dépenses des ménages au Japon, contre environ 13 % pour les moins de 40 ans. Les sociétés en quête de croissance devront donc, avec le transfert du pouvoir d'achat vers les ménages plus âgés dans les économies occidentales, répondre à leurs besoins spécifiques.

Principales mégatendances médicales : robotique, nanotechnologie, séquençage du génome, suivi des soins de santé, génie biologique, bio-informatique, neuroscience et dispositifs médicaux.

 

De meilleurs résultats, à moindre coût

  • Le bien-être et la prévention des maladies jouent un rôle déterminant dans l’amélioration des résultats et la baisse des coûts de santé. Cela implique une modification du mode de vie (régime alimentaire, exercice physique, sommeil, stress) grâce à une approche plus holistique de la santé ainsi et du bien-être physique et mental.
  • Des traitements plus nombreux et mieux ciblés : de plus en plus de nouveaux médicaments sont développés et approuvés. L’usage du Big Data et de l'intelligence artificielle affinent le diagnostic et l'identification de médicaments prometteurs pour des recherches plus approfondies.
  • Prestation de services multicanaux : tout comme dans le secteur de la distribution, la COVID-19 a renforcé l'utilisation de solutions à distance, telle que la télémédecine, y compris les consultations médicales en ligne/vidéo.

La technologie permet d’améliorer la productivité des soins de santé

Evolution des « soins de santé » vers la santé : le concept clé consiste à détecter les éventuels problèmes de santé plus tôt grâce à des diagnostics proactifs et à des capteurs portables, puis à traiter les maladies à un stade plus précoce. L’idée est de surveiller et d’adapter les traitements au fil du temps, afin de mieux accompagner les consommateurs et ainsi améliorer les résultats, tout en réduisant les coûts pour le système de santé.

Les données et les plateformes sont un élément clé : la collecte, le stockage et l'analyse de données plus complètes sur la santé d'un patient constituent l'infrastructure de base nécessaire pour fournir les soins de demain. Les diagnostics détaillés basés sur ce fichier de données exhaustives permettront d’obtenir un diagnostic plus précis et plus rapide des maladies graves, ce qui conduira à la mise en place de traitements plus rapides, mieux ciblés et plus efficaces.

Priorité au bien-être : la médecine occidentale doit s'éloigner du modèle classique de traitement par médicaments pour se concentrer sur le bien-être physique et mental, et donc sur la prévention des maladies plutôt que de se contenter de traiter les symptômes une fois que ceux-ci apparaissent. Il est donc important de se concentrer davantage sur les causes sous-jacentes, en adoptant une approche plus holistique en termes de mode de vie, d’alimentation et d'exercice physique. Le tout en s'efforçant d'éviter le stress inutile, ce qui permettra d’améliorer la santé mentale.

La télémédecine n’est pas près de disparaître : la COVID-19 a suscité un besoin de consultation à distance de médecins en vidéoconférence, en dehors du cadre classique d'une clinique ou d'un cabinet médical. Selon le cabinet de conseil McKinsey, le nombre de patients utilisant la télémédecine est passé de 11 % à 46 % en 2020, et cette croissance devrait se poursuivre.

Une inflation non durable du secteur de la santé : comment faire face à la charge financière croissante pour les systèmes de santé, qu'ils soient en grande partie privés et financés par des assurances (comme aux États-Unis) ou publics (comme en Europe) ? Au Royaume-Uni, par exemple, il coûte trois fois plus cher de s'occuper d'une personne de 75 ans et cinq fois plus cher de s'occuper d'une personne de 80 ans que d'une personne de 30 ans. Aux États-Unis, les dépenses de santé moyennes par personne passent de moins de 3 000 $ dans la tranche d'âge 18-44 ans à 11 316 $ pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Le défi est donc double : il s'agit de prolonger la durée de vie des individus, mais surtout  d'augmenter le nombre « d'années de vie en bonne santé »,  tout en réduisant le coût des soins de santé pour les retraités.

Changer certains éléments de son style de vie : en dehors des traitement médicaux évidents, il est important de se concentrer sur les "nutraceutiques" (aliments ayant des propriétés bénéfiques pour la santé), les appareils d'exercice pour une meilleure forme physique, les aides au sommeil.